Levée de fonds en Seed/Amorçage : 5 bonnes raisons d’être accompagné par un conseil

Depuis le lancement de votre startup, vous avez géré personnellement la question du financement en ayant recours à différents instruments (BPI, subventions régionales, love money, dette bancaire, prêt d’honneur…). Bien décidé à solliciter des investisseurs (Business Angels, VC) pour votre amorçage, vous hésitez, pour des raisons multiples, à faire appel à conseil. Alors que partisans et opposants s’affrontent sur le sujet, est-il nécessaire d’être accompagné pour lever en Seed ? Voici 5 bonnes raisons basées sur mon expérience personnelle.

#1 Il prépare une documentation solide pour vous démarquer dans la masse

Un investisseur, qu’il soit Business Angels ou VC, reçoit chaque année entre 1 000 et 1 500 dossiers par an. C’est un fait. Par conséquent, le temps d’instruction est relativement limité et vous risquez de facto d’être noyé dans son dealflow si votre approche ne répond pas aux codes actuels. Or, la raison d’un « no go » est bien souvent liée à une documentation inadaptée qui ne laisse pas transparaître le potentiel d’un projet. C’est là que votre conseil intervient. L’investisseur achète l’histoire que vous leur racontez, et comme tout produit, il y a un vrai processus marketing à avoir. Cela s’appelle le storytelling, autrement dit, l’art d’utiliser une histoire pour décrire votre projet plutôt qu’une succession d’arguments. Cette technique doit normalement permettre de capter l’attention et de susciter l’émotion auprès de l’investisseur.

Pour ce faire, votre conseil va rédiger pour vous un pitch deck concis, clair et visuel. Exit donc les documents de 60 pages d’une autre époque. De même, votre conseil va retranscrire votre stratégie dans un business plan cohérent, compréhensible et réaliste. En résumé, il va s’occuper de votre carte de visite pour que vous décrochiez un rendez-vous.

#2 Il connaît les points d’attention des investisseurs

Comme disait Napoléon, la mission c’est « 90% de préparation, 10% d’action ».

Beaucoup d’entrepreneurs ont un pitch super mais tout s’effondre lors de la session de questions / réponses. Selon moi, ce travail préparatoire est aussi voire plus important que celui du pitch. Pourquoi ? Car c’est à ce moment précis que l’investisseur va poser les questions qui fâchent et pointer du doigt les incohérences dans votre discours.

Pour transformer cette session en succès, il est nécessaire de connaître les points d’attention des investisseurs ainsi que leur « sensibilité ». En effet,  les investisseurs ont une grille de lecture précise mais qui reprend généralement les mêmes thèmes : équipe, produit, marché, KPI, stratégie de go to market… Parce qu’il connaît parfaitement ces sujets sensibles, le conseil vous aidera à adopter le bon discours et présenter les bons arguments.

Pour vous préparer, il vous fera pitcher à blanc et se mettra dans la peau d’un investisseur (impitoyable). L’exercice sera probablement déroutant au début mais c’est avec ce travail d’anticipation, rendu possible par son expérience, qu’il maximisera vos chances de convaincre vos premiers partenaires.

#3 Il va vous challenger dans votre approche

Les entrepreneurs sont passionnés et animés par une volonté ferme de mener à bien leur projet. Après tout, pourquoi se lancer pour ne pas aller au bout des choses ? Aussi, au moment de la création, le dirigeant de startup se retrouve souvent à porter plusieurs casquettes (commercial, RH, comptable, juriste, responsable IT…), bien souvent par manque de moyens mais aussi par volonté de contrôler pour se rassurer. Résultat : il a la tête dans le guidon et jongle entre l’idéation, la conception et l’exécution.

Difficile dans ces conditions d’avoir les idées claires en permanence. Dans ce contexte, le conseil est là pour vous apporter un œil extérieur critique sur votre activité, vos choix et peut-être même vous faire mûrir dans votre réflexion. Enfin, parce qu’il a sans doute vu plusieurs dizaines voire centaines de dossiers comme le vôtre, il a acquis un benchmark précieux dont il pourra vous faire bénéficier pour vous rendre Business angels/VC compatible. C’est donc bien plus qu’un conseil pour la levée de fonds, c’est un partenaire business avec qui vous développerez un lien de confiance.

#4 Tout le monde n’est pas familier avec les problématiques financières

Combien vaut ma startup ? Comment céder du capital tout en restant aux manettes ? Qu’est-ce qu’un pacte d’actionnaires ? De quoi se compose-t-il ? Qu’est-ce qu’un BSA ? Une obligation convertible ? Etc… En tant que dirigeant de startup, ces questions vous ont peut-être déjà traversé l’esprit.

Selon votre profil et parcours, vous serez plus ou moins à l’aise avec les chiffres et peut-être même déjà initié à la levée de fonds. En revanche, si vous en êtes à votre première création de startup, vous pouvez vite vous sentir complètement largué sur des questions techniques liées au financement. Vous pourrez bien sûr solliciter votre réseau personnel, votre incubateur ou encore faire des recherches sur internet pour répondre à vos interrogations.

Alors pourquoi faire appel à un conseil ? La raison est simple, c’est un professionnel de la finance, qui, comme vous, connaît parfaitement son métier. En tant qu’expert, il a accumulé de l’expérience et des compétences sur lesquelles vous allez pouvoir vous appuyer. Ainsi, vous restez concentré sur le développement de votre activité. Il fait office de tiers de confiance sur votre levée de fonds pour répondre à vos questions et vous assurer les meilleures conditions possibles au regard de votre situation.

#5 La levée de fonds n’est pas un long fleuve tranquille

Un des points souvent négligé par les startups, c’est le côté chronophage de la levée de fonds. En effet, sa durée peut varier entre 4 et 8 mois selon les cas. Mais avant d’arriver au closing de votre levée et voir les fonds versés sur votre compte en banque, vous allez devoir passer par plusieurs étapes :

  • Préparation vos documents (pitch, business plan, info pack…)
  • Définition de votre storytelling
  • Identification et prise de contact avec Business Angels, VC
  • Roadshow de votre projet
  • Q&A avec les investisseurs
  • Réception / analyse des Term sheet
  • Phase de due diligence
  • Rédaction du pacte d’actionnaires
  • Closing

Au moment de lever des fonds, vous allez donc mettre votre activité de côté et consommer énormément d’énergie à cet exercice. D’où l’intérêt de pouvoir déléguer des tâches critiques à votre un conseil (pitch, business plan, coaching, pré-analyse des LOI…). S’il ne pitchera pas le projet à votre place, il sera en revanche là pour vous aiguiller, vous aider à anticiper et vous rassurer dans ce processus complexe.

Conclusion : la réponse vous appartient

Alors faut-il se faire accompagner par un conseil pour son amorçage ? En réalité, il n’y a pas de vérité absolue. Ce n’est ni blanc, ni noir. Cela dépend avant tout de vous, de votre vécu, de votre personnalité, de votre temps et enfin de votre aisance dans cet exercice. Certes, vous pouvez faire les choses par vous-même. Toutefois, s’attacher les services d’un conseil pour votre seed peut vous faire gagner un temps précieux et vous éviter certaines erreurs de parcours.