Comment financer sa startup au démarrage ?

Vous avez une idée géniale et réuni une dream team autour d’une ambition commune ? Parfait. Même si vous n’avez pas le compte en banque d’Elon Musk au moment de lancer votre projet, vous aurez l’embarras du choix pour mettre votre startup en marche. Love money, subvention, prêt d’honneur sont autant de possibilité, à condition bien sûr, d’avoir un projet qui tient la route. Tour d’horizon rapide de vos possibilités sur les premiers mois d’activité avant de vous donner 2 conseils sur le sujet.

Un cocktail de possibilités

Comment financer mes premiers mois de développement ? Voilà une question que de nombreux créateurs de startups se posent. Bonne nouvelle, vous ne devriez pas manquer d’argent pour financer votre activité. Voici 5 possibilités concrètes à explorer dès le démarrage :

#1 L’épargne privée

Cela peut sembler évident mais beaucoup de startups se créent grâce au patrimoine personnel de leurs dirigeants. C’est même la toute première source de financement early stage. Bien sûr, à moins d’avoir revendu votre précédente startup à Google contre un chèque de 100 millions d’euros, vous devrez rapidement trouver d’autres sources pour gonfler votre trésorerie.

2# Love money

Autre possibilité, vos proches ! Votre famille, vos amis ou des connaissances (de confiance) peuvent aussi contribuer à financer votre entreprise au démarrage. Aucun intérêts à verser, des modalités de remboursement flexibles, c’est une solution avantageuse à bien des égards. Toutefois, il sera important d’établir dès le début des règles de fonctionnement, notamment sur la prise de décision, afin d’éviter les conflits.

3# Le prêt d’honneur

Outil très intéressant, le prêt d’honneur est un prêt sans intérêts et sans garantie, octroyé à la personne physique et non à l’entreprise. Autrement dit, vous pouvez cumuler autant de prêts que de fondateurs ! D’un montant compris entre 2 000€ et 50 000 €, il est délivré par les organismes Initiative et finance et le Réseau Entreprendre. Le délai d’obtention varie quant à lui entre 3 et 6 mois. Mais avant cela, il faudra montrer patte blanche avec un business plan et présenter des éléments tangibles sur le potentiel de marché de votre activité. Bref, il faudra être prêt.

#4 L’emprunt bancaire

C’est le complément idéal au prêt d’honneur. En effet, pour 1 euro de prêt d’honneur accordé, les banques octroient en moyenne 7,3 € à 13 € de financement complémentaire. S’il est plus difficile à obtenir compte tenu du stade de maturité de votre activité (et des risques associés !), il a l’avantage d’être non dilutif et permettra de combler les trous de votre budget.

5# La BPI

Véritable bras armé de l’état en matière d’investissement dans l’innovation, la BPI est devenue incontournable ces dernières années. Pour financer les startups en phase de lancement et d’amorçage, la BPI a mis en place un arsenal impressionnant de solutions (subvention, prêts…). La plus notable et pertinente selon moi pour une startup qui vit ses premières heures : la Bourse French Tech. Cette subvention peut atteindre jusqu’à 30 000 € (voire 45 000 € pour les projets de « rupture technologique »). Elle couvrira les premières dépenses de la phase de création de l’entreprise et de la phase de faisabilité. Comptez environ 3 mois pour l’obtenir. Point important : un business plan sera nécessaire pour déterminer le montant auquel vous avez droit. Pour aller plus loin sur les différents dispositifs de la BPI, cliquez ici.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut cumuler toutes ces possibilités.

Alors concrètement qu’est-ce que cela peut donner ? Prenons l’exemple d’une startup nouvellement créée avec 2 fondateurs à sa tête.

Chacun apporte 15 000 € soit 30 000 € de fonds propres à la création. Après quelques semaines à faire le tour de leurs proches, ils réunissent 20 000 € de love money qu’ils injectent au capital. Même chose avec deux prêts d’honneur pour un montant total de 30 000 € (15 000 € par tête).

Bien décidé à faire jouer l’effet de levier après l’obtention de ces prêts, ils contractent un crédit bancaire de 12 000 € avec un levier raisonnable (soit 15% des fonds propres). Enfin, pour compléter leur budget, ils postulent à la Bourse French Tech. Après calcul, les dépenses prévisionnelles sont évaluées à 60 000 € sur les 6 prochains mois. À supposer que l’ensemble de leurs dépenses soient éligibles, ils obtiennent le plafond de 30 000 €.

Voilà comment avec un apport personnel limité (ici 15 000 € par fondateur), on peut réunir plus de 100 000 € de financement pour tester la viabilité d’un projet (détails ci-dessous).

Exemple des sources de financement d’une startup au démarrage.

A l’issue de cette période, la startup pourra bien évidemment faire appel aux business angels, aux plateformes de crowdfunding ou encore aux fonds d’amorçage pour la réalisation de son seed.

Une fois que l’on a dit tout ça, voilà 2 conseils.

#1 Diversifiez vos sources de financement dès le début

Cela peut paraître évident mais comme dit le proverbe « il ne faut pas mettre ses œufs dans le même panier ». Pourquoi ? Tout simplement car c’est un principe de bonne gestion financière. Ne soyez pas dépendant d’une seule source. Trouver des nouveaux financement peut parfois prendre du temps et de l’énergie, il faut donc anticiper. Mettre en place les bonnes actions dès le départ vous permettra d’éviter les trous de trésorerie.

Beaucoup d’entrepreneurs n’osent pas cumuler. Par méconnaissance, par phobie administrative ou par honte (« c’est de l’argent public, je n’en veux pas ! »). Nous avons la chance, en France, d’avoir un millefeuille de solutions, profitez-en pour booster votre projet et vous donner les meilleures chances de réussir.

2# Faites-en bon usage !

Vous avez sécurisé vos premiers fonds avec les différentes options évoquées. Parfait. Maintenant, il faut utiliser cet argent à bon escient car il est précieux et déterminera votre capacité à créer de la valeur. Chaque euro doit être dépensé avec précaution. Ne commencez pas à faire des investissements marketing inutiles alors que votre proposition de valeur et votre modèle économique sont encore flous. Concentrez-vous plutôt sur votre produit et la compréhension de votre écosystème.

Pour dépenser intelligemment, il vous faut prioriser et planifier vos investissements. Autrement dit, il faut faire des projections de votre trésorerie en fonction des objectifs déterminés. Adoptez une culture cash dès le début. Gardez à l’esprit que tôt ou tard vous devrez rendre des comptes au moment de solliciter vos premiers « vrais » investisseurs. Une startup qui aura dépensé sans compter avec peu de résultats à la clé aura peu de chance de convaincre des investisseurs.

Conclusion : Cash is king

La question du financement d’une startup est un sujet fondamental et la gestion de la trésorerie, une question de survie. Si vous n’aurez, a priori, pas de mal à réunir vos premiers fonds au démarrage, vous devrez être malin dans l’allocation de vos ressources.  Cela doit vous permettre de durer mais aussi de présenter des résultats concrets à vos futurs investisseurs. En d’autre terme, il faut s’acheter une crédibilité avec peu de moyens.