Le crowdfunding, une solution pour amorcer son plan de financement ?

Le crowdfunding ou financement participatif continue de croître chaque année en France. Initialement surtout intéressant pour des projets B2C produit, il s’est diversifié et offre aujourd’hui différentes solutions adaptées pour des entreprises B2B ou proposant des services.

Le crowdfunding est ainsi devenu une solution de financement envisageable pour une majorité d’entreprises en démarrage. Néanmoins, pour en profiter au maximum de ses avantages, il faut savoir choisir le mode de financement le plus pertinent pour son projet, ainsi que bien anticiper l’articulation avec d’autres financements classiques.

Une des premières étapes dans un plan de financement

Parmi les principaux avantages du crowdfunding, il y en a 2 qu’il faut garder en tête lors de la construction d’un plan de financement. Une campagne réussie est souvent perçue comme un POC (preuve de concept), ce qui génère de la confiance vis-à-vis de potentiels financeurs. Selon le mode de financement, elle peut être par ailleurs un moyen d’augmenter ses fonds propres et ainsi faire un effet de levier dans l’obtention de financements supplémentaires.

L’idéal est donc de mener une campagne avant de solliciter d’autres financeurs (banque, Bpifrance, Réseau Entreprendre…). Même s’ils sont déjà prêts à vous suivre, après une campagne réussie le montant du financement sera probablement supérieur et les conditions plus avantageuses (garanties, taux d’intérêt…).


Et s’ils sont déjà prêts à vous suivre même sans une campagne, exploitez-le pour avoir un effet de levier dans les deux sens ! Pendant votre campagne, communiquez sur le fait que d’autres financeurs sont déjà prêts à vous suivre, ce qui va générer de la confiance auprès de vos potentiels contributeurs. Mais ne validez définitivement ces financements qu’après la réussite, afin de pouvoir bénéficier de meilleures conditions. 

L’enjeu : choisir le mode de financement adapté

L’erreur la plus fréquente : prendre sa décision en partant d’une plateforme en particulier. Souvent Kickstarter, Ulule ou KissKissBankBank… Or ces 3 plateformes correspondent à un seul type de financement parmi 8 solutions possibles actuellement en crowdfunding !

Avant de se poser la question de la plateforme il faut donc se poser d’abord la question du mode de financement adapté. Voici les plus habituels en amorçage et quelques critères pour vous aider dans votre choix :

Si vous hésitez, vous pouvez tester l’outil www.trouverlebonfinancement.fr qui vous guidera vers le mode de financement le plus adapté à votre projet. Pour chaque type de financement, vous aurez également accès à la liste de l’ensemble des plateformes françaises qui le proposent en France.


Vous pouvez aussi assister à un des webinars organisés par WE DO GOOD, membre de Financement Participatif France, sur les différents modes de financement. L’occasion d’échanger en live avec un-e expert-e et de poser toutes vos questions !

5 bonnes pratiques pour votre pitch deck

Savez-vous combien de temps passe en moyenne un investisseur à lire le pitch deck que vous lui avez envoyé ? Attention, c’est terrifiant. 3 minutes et 44 secondes, selon une étude DocSend. Autrement dit, ce n’est qu’après ce laps de temps que l’investisseur décidera de vous rencontrer ou vous remercier poliment. Sachant qu’en moyenne un pitch est composé d’une vingtaine de slides, il passe donc une dizaine de secondes par slide. C’est très peu en comparaison du temps que vous avez passé dessus et de l’enjeu pour votre startup. Les articles qui présentent la structure idéale d’un pitch deck ne manque pas sur internet. Il est donc plus intéressant de s’attarder sur les bonnes pratiques et les erreurs fréquentes à éviter. Exemples à l’appui.

Piquer la curiosité. Rien d’autre.

S’il y a bien un document obligatoire pour entamer une levée de fonds, c’est le pitch deck. Tout le monde le sait, y compris les first time founders. C’est comme un CV pour une candidature. Pourtant, il suscite toujours autant de questions. C’est le moment de coucher des mois de travail sur papier. Ou plutôt sur Powerpoint. Un exercice qui prend du temps, qui contraint l’entrepreneur à prendre un peu de hauteur sur l’exécution et à se poser les bonnes questions.

Car ce petit document peut, à lui seul, conditionner l’avenir d’une startup. C’est en quelque sorte la première marche de l’escalier de la levée de fonds. Si vous la loupez, alors vous aurez du mal à susciter l’intérêt des investisseurs et donc, à aller au bout de votre process.

Attention : un bon pitch deck ne garantit pas la réussite de la levée. Il faut le voir comme votre carte de visite, un petit commercial dont le seul but est de vous faire décrocher des rendez-vous. Derrière, vous devez convaincre. Pour l’investisseur, il sert à faire un premier tri. C’est pour cela qu’il doit être irréprochable et faire une bonne première impression, pour que vous puissiez passer aux étapes suivantes de l’opération.

Le problème, c’est que les entrepreneurs et les investisseurs ne parlent pas le même langage. Ils n’ont pas les mêmes attentes. Les mêmes points d’attention. Le même mode de pensée. Et c’est la raison pour laquelle beaucoup de pitch deck manquent leur cible. Mais pas que. Un pitch deck réussi est donc une affaire de contenu plus que de structure.

5 recommandations à appliquer

Concentrons-nous sur 5 bonnes pratiques, ou plutôt 5 recommandations pour améliorer la qualité de votre pitch deck (et éviter de reproduire les erreurs classiques).

#1 Restez clair et concis

Cela peut paraître évident mais les pitch deck se noient (trop) souvent dans une masse de détails inutiles. C’est comme ça. Rappelez-vous, le seul but est d’attirer l’attention sur vous pour obtenir un rendez-vous, pas d’énumérer toutes les features de votre solution. Vous pourrez le faire dans un second temps. En attendant, gardez à l’esprit que chaque slide doit remplir un seul objectif. Et chaque mot doit permettre de servir cet objectif. Faire un pitch deck est un exercice de synthèse ultime où la clarté du message doit prendre le dessus sur la complexité de votre projet. Voyez comme Alan fait dans la simplicité pour expliquer le niveau de prise en charge qu’il assure. Pourtant, une complexité certaine se cache derrière. Mais ce n’est pas l’objectif de la slide. D’ailleurs, si l’investisseur souhaite en savoir plus, il est invité à cliquer sur un lien (en bas à droite « learn more about our health plan »).

#2 L’accent sur la « douleur » 

L’investisseur que vous ciblez n’est peut-être pas concerné par le problème que vous résolvez. Et en même temps, il doit acquérir une conviction. C’est pourquoi, il est vital qu’il comprenne rapidement le « pain » de vos clients. Surtout, il doit être convaincu qu’il s’agit d’une douleur importante pour eux. Si vous ne parvenez pas à le persuader ou qu’il a la moindre hésitation là-dessus, c’est tout le reste de votre pitch qui va en pâtir. C’est comme construire un château de cartes sur des bases fragiles. PowerZ l’a très bien fait dans son pitch deck. Une déclaration, une image pour aider l’investisseur à visualiser le problème et une source officielle pour ajouter de la crédibilité à son discours. Sans oublier le côté émotion qu’une telle phrase peut déclencher chez l’investisseur.

#3 Pas de jargon

Il n’y a rien de pire pour la compréhension d’un néophyte que de lire un pitch bourré de mots jargonneux. Mettez-vous à sa place une seconde. Il reçoit des dizaines de pitch par semaine et doit prendre une décision rapide. Pensez-vous qu’il prendra la peine de « googler » chaque terme exotique ? Certainement pas. Un langage simple a plus de chances de faire mouche. Cela évite l’ambiguïté. Il en va de même pour les termes techniques. Il n’y a aucun projet complexe qui ne saurait être simplifié. Une métaphore peut parfois faire l’affaire. Si vous n’y parvenez pas, reformulez jusqu’à ce vous trouviez la bonne formule.

#4 Évitez la littérature

Depuis le plus jeune âge, nous avons été habitué à développer nos idées. En CP, en faisant le récit de nos vacances, ou au lycée avec la fameuse dissertation. Mais faire un pitch deck est un exercice de vente. Une discipline ou les « punchlines » bien calibrées (et pertinentes) font la part belle aux tournures de style. Mais attention à ne pas cumuler les « buzzword », c’est contre-productif et discrédite très rapidement votre discours. Les mots doivent déclencher une émotion et rester gravés dans la tête de votre interlocuteur. Car il devra à son tour pitcher votre startup en comité.

#5 Ne négligez pas les titres

Une slide, un objectif. Encore faut-il le communiquer clairement. Donnez vie à votre pitch en utilisant des titres clairs et attractifs. Ne vous contentez pas de « Problème », « Solution » ou encore « Marché ». C’est froid, creux, manque de spécificité et ne fait appel à aucune émotion. Le titre doit donner le ton. Une information. Il est tout aussi important que le contenu de la slide. Voyez-le comme une graine que vous plantez dans la tête de votre interlocuteur. Ensuite, arrosez-là avec un contenu efficace.

Voici une des premières slides du pitch deck qu’Aircall a utilisé pour sa série C. Dans le genre pas de blabla et titre efficace, c’est une référence et d’une précision chirurgicale.

C’est l’exemple d’un titre limpide, qui laisse deviner l’ambition de la startup : « on veut révolutionner la téléphonie d’entreprise ». Et très habillement, la slide associe la réussite d’autres sociétés à son image pour prédire son succès. Traduisez « comme d’autres entreprises remarquables l’ont fait par le passé dans leur domaine ». Pas de mots, pas de longues phrases et pourtant, c’est extrêmement puissant et compréhensible en moins de 5 secondes. La graine que plante la slide dans la tête de l’investisseur est qu’Aircall est le prochain gros succès dans sa catégorie. Tout ça en 14 mots.

Itérez et recommencez

La liste pourrait être encore longue mais si vous appliquez déjà ces recommandations, votre pitch deck sera de meilleure qualité et aura plus de chances de retenir l’attention.

Un pitch deck visuellement agréable avec du contenu pertinent est un formidable vecteur de de crédibilité. Il aiguise la curiosité. C’est exactement ce que vous recherchez.

Pour remplir sa mission, il doit répondre à des questions (Qui ? Quoi ? Comment ? Combien ? Pourquoi ?…) que se pose l’investisseur. A vous d’y répondre de la manière la plus précise et convaincante possible.

Très souvent, pour ne pas dire dans 100% des cas, la première version de votre pitch deck ne sera pas la bonne. Il va falloir itérer, itérer et encore itérer. C’est normal. C’est pourquoi il est nécessaire de le challenger. Cela peut être par des proches, des amis, des ex-collègues, des mentors, des experts…peu importe. L’essentiel est de recueillir des avis extérieurs car vous pourriez être surpris de voir comment des inconnus percevront vos messages.

En définitive, faire un pitch deck n’est pas simplement reproduire une structure. C’est avant tout une affaire de contenu et d’émotions que vous parvenez à faire passer grâce aux mots.

Avec pour seul et unique but : décrocher un rendez-vous.

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger la checklist des bonnes pratiques. Vous retrouverez un rappel des principaux points clés et d’autres conseils pour capter l’attention des investisseurs.

[Interview] Antoine Legendre, CEO @Freebe.me I Créer un SaaS à succès en autofinancement

On dit souvent que le meilleur moyen de trouver une idée de startup, c’est de résoudre un problème. C’est ce qu’a fait Antoine Legendre en créant son propre outil, Freebe.me, devenu aujourd’hui un des SaaS les plus plébiscités par les freelances.

Il revient sur son parcours, le déclic qui l’a amené à se lancer dans l’entrepreneuriat, ses erreurs, son pivot 2 mois avant le lancement, son expérience de la levée de fonds et nous explique comment il gère une startup aujourd’hui composée exclusivement de freelance.

Petite précision (de taille) : il est autofinancé depuis le démarrage et solo founder.

Bonne lecture !

Bonjour Antoine, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Antoine Legendre, je suis le fondateur de Freebe.me et je suis Product Designer spécialisé en UX/UI. Je me suis lancé en freelance il y a bientôt 10 ans en tant que designer au sens large, dès ma deuxième année d’études, avec la volonté de travailler dans la Tech. Aujourd’hui, j’aide les freelances et micro-entrepreneurs à sortir de la galère administrative avec Freebe.me, un outil de gestion intelligent qui les aide à rester concentrés sur leur job.

Quel a été le déclic pour créer Freebe.me ?

L’idée m’est venue à l’époque où je travaillais pour Peugeot en tant que freelance. Je travaillais pour eux du lundi au jeudi et je n’arrivais plus à gérer mon admin’, ma  compta, mes devis et factures. Je faisais tout à la main et je me trompais de partout. C’était vraiment la galère. Un jour je me suis dit que j’avais besoin d’avoir un outil intelligent et automatisé qui fasse le job pour moi pour que je passe le moins de temps sur ces tâches. A l’époque, la seule alternative c’était des outils de gestion pour TPE/PME très chers, pas du tout adaptés aux freelances, avec des interfaces lourdes, un vocabulaire compliqué et surtout, créés par des comptables et non par des designers empathiques.

J’ai donc commencé par lister tous les « pain point » que j’avais rencontrés et j’ai cherché à les automatiser le plus possible. J’ai créé un prototype avec la liste de mes clients, factures et mes entrées/sorties d’argent, puis je l’ai présenté à tous les autres freelances de chez Peugeot. J’ai cherché à obtenir un maximum de feedbacks de leur part. Et à la fin, j’ai vu les étoiles dans leurs yeux. J’ai compris que je tenais un truc.

Concrètement, comment tu t’y es pris pour créer le produit ? 

J’ai pris contact avec un développeur avec qui j’avais travaillé par le passé et je lui ai pitché le projet pour s’associer. Il était super emballé mais il a finalement travaillé pour moi en freelance car il ne pouvait pas se permettre de s’associer à ce moment-là.  

On a itéré comme ça pendant 1 an, parallèlement à mon job de freelance, jusqu’à construire une première version du produit. En juillet 2017, je crée un blog avec landing page pour présenter la promesse de Freebe.me et j’ai récupéré beaucoup d’adresses mails. Ensuite on a lancé la beta en Janvier 2018.

A l’origine Freebe.me était un projet de chatbot conversationnel mais tu as finalement pivoté. Comment as-tu acté ce changement ?

Mon ambition c’était de créer un assistant personnel conversationnel. D’ailleurs, la promesse de départ c’était « pilote ta micro entreprise par intelligence artificielle ». C’était une grosse erreur. Le produit était très lourd à utiliser. Dès que l’utilisateur avait une facture un peu complexe, ça devenait ingérable…

Je m’en suis rendu compte car à l’époque j’ai fait appel à un psychologue ergonome pour réaliser toutes les recherches utilisateurs. Il a conduit près de 150 entretiens avec eux, ce qui a permis d’avoir de vrais feedbacks mais aussi de se rendre compte qu’à côté de l’effet « whaou », le chatbot n’était pas plébiscité. En bref, l’idée était bonne mais la manière de l’exécuter n’était pas user friendly.

On a donc supprimé toute cette partie du code 2 mois avant le lancement. Et on a lancé le produit le 31/07/2018 avec 400 bêta testeurs qui nous faisaient des retours depuis le début. Ils ont pu bénéficier de Freebe.me gratuitement pendant 1 an mais on a eu nos premiers clients payant dès le mois de septembre.

Moralité : écouter ses utilisateurs dès le départ au lieu d’écouter ses convictions de fondateur 

C’est plutôt atypique de faire appel à un psychologue ergonome pour créer un logiciel ? D’où t’es venue l’idée ?

En tant que designer UX c’était important pour moi d’avoir des retours avant de concevoir quelque chose.

J’ai l’approche « 1€ d’investi en UX c’est 100€ de ROI » donc je voulais avoir une expérience irréprochable dès le départ plutôt que de développer et améliorer ensuite, comme le font les éditeurs traditionnels.

L’autre point important c’est que les feedbacks donnés à une personne extérieure au projet sont de meilleure qualité. Les utilisateurs se confient beaucoup plus et sont moins complaisants que si le fondateur les interrogeait. Sans oublier le fait que se faire aider par un professionnel permet d’éviter les biais dans la recherche . Il produit un travail cohérent de A à Z basé sur des travaux de recherche. Il est psychologue du travail 

Comment tu t’es financé depuis le démarrage ?

J’ai tout autofinancé depuis le début. Les missions que je réalisais chez Peugeot me permettaient de réinvestir dans Freebe.me. J’ai aussi obtenu quelques financements complémentaires (Bourse French Tech, un emprunt bancaire…). Avec le recul, me lancer sans trop de moyens a été une erreur absolue mais ça a été un mal pour un bien. J’ai pu faire des choix pragmatiques, recruter les bonnes personnes au bon moment, automatiser uniquement quand je ne pouvais plus gérer. Tout ça pour garder un maximum de trésorerie pour payer les développeurs et le marketing.

Comment tu gères le fait d’être solo founder ?

Ça n’a pas été facile, c’est les montagnes russes dans tous les domaines. Je me suis vite rendu compte que ça m’a fermé beaucoup de portes au démarrage, au-delà du fait que je devais jongler entre différentes fonctions. Ma tentative de levée de fonds peu de temps après la création en est le meilleur exemple.

Tu peux en dire plus à ce sujet ? Comment s’est passée ta première rencontre avec des investisseurs ?

C’était une expérience compliquée. J’ai rencontré plusieurs fonds & BAs mais sans succès. On me demandait de « repasser dans 6 mois » car j’étais un solo founder sans track record à l’époque. Avec le recul c’était une erreur car je n’avais qu’une cinquantaine de clients à l’époque. C’était trop tôt et j’ai perdu du temps.

J’ai donc tout arrêté et je me suis concentré sur le produit et l’acquisition de clients, jusqu’au jour où j’ai rencontré un entrepreneur incroyable. Après quelques rendez-vous, il m’a fait une proposition pour investir un ticket de quelques dizaines de milliers d’euros. Ce n’était pas prévu mais nous avions un bon fit et je voulais collaborer avec lui. Aujourd’hui, il m’apporte beaucoup par son expérience, ses recommandations. C’est vraiment le type de partenaire que je recherchais. Une personne utile. Comme quoi, il ne faut pas forcer.

Un partenaire financier de qualité, ça ne se cherche pas, ça se trouve ! 

Tu gère une équipe 100% freelance aujourd’hui. Pourquoi ce choix ?

Je gère une équipe d’une dizaine de freelances en permanence éparpillée dans les quatre coins de la France aujourd’hui. Le remote est une approche que j’ai eu depuis le début car j’avais encore peu de moyens et parce qu’être à temps plein n’était pas nécessaire sur certaines missions. Au moins chacun à une tâche précise et sait ce qu’il doit faire.

A terme, il faudra constituer une équipe mais je n’ai pas envie de le faire trop tôt. Ce qui compte pour moi ce n’est pas le statut mais plutôt le fait qu’ils soient heureux de travailler pour ce projet. Aujourd’hui, ils ont envie de travailler pour Freebe.me et ça a 10 fois plus de valeur que s’ils étaient obligés de venir travailler. On a une relation de confiance forte et ça se ressent dans la qualité du travail. J’ai en plus la chance et l’avantage qu’ils utilisent le produit sur lequel ils travaillent, ce qui renforce leur implication. Grâce à eux, je reste au plus proche du besoin de l’utilisateur.

Par contre, je ne prends pas n’importe qui. La recommandation est indispensable pour travailler avec un freelance selon moi. Ne pas avoir de contrainte géographique permet de travailler avec les meilleurs.

Comment tu t’y prends pour fédérer, créer une émulation et conserver une dynamique avec des effectifs à distance ?

On est ultra connecté. Tout le temps. On communique en permanence grâce aux différents outils (Slack, clickup…). C’est un travail d’itération continu qui nous permet d’avoir une émulation et de ne pas passer notre temps en réunion. On en fait qu’une par semaine par domaine pour limiter le temps perdu.

La plupart du temps, on réagit à l’écrit sur Slack et ça permet de nourrir d’autres réflexions auxquelles nous n’aurions pas pensées. C’est constamment en pleine ébullition.

Je pense que les gens ont envie d’avoir un autre mode de travail et que cette liberté d’être chez soi ou de choisir son lieu de travail rend les personnes plus épanouies et plus productives au quotidien. Le freelance est une catégorie de ressources modernes et aujourd’hui ça « match » avec la philosophie de Freebe.me

Un conseil pour les entrepreneurs ?

J’ai deux conseils qui sont issus de mes propres erreurs au lancement.

Je recommande d’avoir un peu d’économies à la création. Si possible un an car on ne se paie pas la première année. Ou alors avoir de quoi subvenir à ses besoins, par exemple en faisant quelques missions à côté.

La seconde chose que je conseille c’est de s’associer avec des personnes aux compétences complémentaires. Par exemple avec un développeur et un marketeur dans mon cas car cela permet de faire des économies sur les dépenses clés. L’autre avantage c’est que cela permet d’avoir plusieurs cerveaux en ébullition qui pensent au projet en permanence . Ça donne confiance au projet.

Comment lever des fonds plus rapidement ?

Vous vous êtes déjà demandé le secret des startups qui lèvent en moins de 3 mois voire en quelques semaines auprès d’investisseurs ? On dit souvent, à juste titre, qu’une levée de fonds prend en moyenne 6 mois entre le début du process et son closing. Une erreur classique est d’ailleurs de sous-estimer le temps nécessaire. Pourtant, certains fondateurs réussissent à aller plus vite. Beaucoup plus vite. L’idée ici n’est pas de vous dévoiler une formule magique mais plutôt une méthode. Une approche à adopter si vous souhaitez lever des fonds dans les mois à venir. En l’appliquant, vous pourrez réduire par deux le temps passé à lever des fonds, vous éviterez quelques sueurs froides. Petite précision : cette méthode est avant tout adaptée aux startups allant voir des business angels ou des VCs.

Préparer le terrain

Quand on entreprend, on court souvent après le temps. S’il y a bien une mission qui prend du temps pour un fondateur, c’est la levée de fonds. Pourquoi ? Trois raisons majeures expliquent cela :

  • un investisseur rencontre des centaines de startups en plus de la vôtre
  • il existe des délais incompressibles (ex : phase de due diligences, comité d’investissement…)
  • le capital risque est métier d’Homme. Pour construire une relation, il va falloir plusieurs rendez-vous avant d’obtenir le fameux « ticket ».

Et c’est justement sur ce dernier point que des entrepreneurs se distinguent pour réduire drastiquement le temps passé à lever des fonds.

Leur secret : ils établissent un contact avec les investisseurs bien avant d’avoir besoin d’eux. Autrement dit, ils font une sorte de « pre roadshow ».

Contre intuitif ? Pas tant que ça à la réflexion. Cela permet d’apprendre à se connaître, sans urgence. Surtout, les investisseurs ont la possibilité de suivre l’évolution de votre startup sur plusieurs mois et d’apprécier le chemin parcouru. C’est de cette manière qu’ils vont pouvoir se forger une conviction sur vous et votre projet.

La méthode en 4 étapes

Pour que vous puissiez gagner du temps, je vous propose une méthode simple mais éprouvée par de nombreux entrepreneurs.

1# Faite une liste des fonds compatibles avec votre projet et besoin

Chaque investisseur est différent. Trouvez ceux qui vont pouvoir vous apporter de la valeur au-delà de l’argent. Attardez-vous sur leur expertise sectorielle ou encore sur leur stratégie d’investissement. Finalement, il s’agit pour vous de trouver chaussure à votre pied.

2# Ciblez la (bonne) personne qui sera sensible à votre thématique

Trouver la personne la plus susceptible d’avoir un intérêt pour votre projet au sein du fonds ciblé. S’il s’agit d’un business angel, lisez ses posts sur les réseaux sociaux ou bien renseignez-vous sur son portefeuille de participations. C’est un travail de profilage fastidieux mais qui va décupler vos chances de rentrer en contact. Ici, vous allez rechercher un sparring partner. Quelqu’un qui pourra vous challenger, vous donner ses conseils et vous guider dans cette aventure entrepreneuriale.

3# Commencez à échanger avec elle plusieurs mois avant votre process

Une fois que vous avez ciblé le bon interlocuteur, vous devez établir un premier contact. Pour cela, quelques idées :

– lisez et réagissez à leurs post sur les réseaux (si possible, régulièrement et intelligemment)

participez à des événements auxquels ils seront potentiellement présents

– parlez d’eux dans vos posts

invitez les à des événements « métier » que vous organisez et qui enrichiraient leurs connaissances sur votre secteur.

Ce ne sont ici que quelques idées. Parfois, il faut être plus créatif. Tout va dépendre de votre cible et de son tempérament.

4# Faite lui un « follow up » régulier et pertinent sur votre activité

Vous avez « harponné » la bonne personne. Il est temps d’assurer le service après-vente de votre startup. Donnez-lui la possibilité d’avoir un update régulier par email. Évoquez vos accomplissements mais aussi vos échecs. N’hésitez pas également à lui poser des questions et à recueillir ses « inputs » sur votre marché. Ces petites interactions à intervalle régulier seront, peut-être, le ciment d’une relation durable.

En appliquant cette méthode en 4 étapes, vous allez drastiquement réduire le temps consacré à lever des fonds. D’ailleurs, certaines startups ont pu obtenir des Termsheets avant même de lancer leur process. C’est bien sûr le rêve pour un fondateur mais cela reste rare. Néanmoins, à défaut d’avoir une marque d’intérêt aussi avancée, vous pourrez constater que cela va très nettement accélérer la prise de décision d’un investisseur. Pourquoi ? Car il aura eu le temps de vous cerner et de construire une intuition sur votre capacité à réussir. Une fois de plus, c’est une histoire d’Homme.

Pour vous permettre une mise en pratique efficace, vous pouvez télécharger ce template. Vous y trouverez une trame et des conseils sur la manière de faire un follow up qui sera lu.

Ces 10 questions qu’un investisseur vous posera lors d’une levée de fonds

Cet article a été publié sur le blog de WE DO GOOD, plateforme de financement participatif via royalties.

On s’est tous déjà retrouvé dans une situation où face à une question inattendue, on commence à perdre ses moyens. Ce moment de solitude, vous pourriez à nouveau le vivre face à un investisseur. Pour se forger une conviction, il vous posera un tas de questions, dont beaucoup sont récurrentes. Voilà pourquoi cette phase est sans doute l’une des plus critiques de votre process. Sans intérêt de la part de l’investisseur, pas de levée ! Voici un échantillon de 10 questions et quelques pistes pour vous préparer à y répondre.

#1 Quelle est votre vision ?

Cela peut paraître un peu bateau voire philosophique. Et pourtant, c’est une question importante que beaucoup d’entrepreneurs prennent à la légère. Vos futurs investisseurs, surtout les VCs, veulent soutenir des startups avec une vision long terme. Autrement dit, ils veulent savoir où est-ce que vous voyez votre entreprise dans 10 ans. Toujours en place ? Vendu à un grand groupe ? Votre réponse sera révélatrice de votre état d’esprit et votre capacité à vous projeter dans le futur. Si votre objectif est de vendre à tout prix votre logiciels à Salesforce ou Oracle, c’est que votre ambition n’est peut-être pas si grande. Soyez clair sur vos intentions et montrez que votre seul et unique but est de créer une superbe boîte.

BONUS : retrouvez une checklist de 50 questions ici.

#2 Comment avez-vous rencontré vos cofondateurs ?

On ne le dira jamais assez, le capital risque est une histoire d’Homme. C’est d’autant plus valable en phase d’amorçage où les chiffres et le recul sont quasi inexistants. Ils veulent donc s’assurer que l’argent investi sera entre de bonnes mains et si possible, les mains d’une équipe soudée qui ne va pas imploser du jour au lendemain sous la pression. Si vous dites que vous vous êtes rencontrés par l’intermédiaire d’un réseau (Linkedin, Shapr…), vous présenterez un profil à risque. Si c’est votre cas, mettez l’accent sur la complémentarité. A l’inverse, si vous avez grandi ensemble et que vous vous connaissez sur le bout des doigts vous offrez déjà plus de garanties. C’est aussi un excellent moyen de créer de l’empathie. Enfin, si vous avez déjà travaillé ensemble, c’est un plus. Cela veut dire que vous pouvez créer, ensemble.

#3 Quelle est la taille de votre marché ?

C’est un point essentiel. Pourquoi ? Car il va déterminer si vous êtes « VC compatible » ou non. Mettez-vous 1 seconde à la place d’un investisseur. Il va financer une quinzaine de sociétés durant la vie de son fonds. Au moins 2/3 d’entre elles feront faillite. Les autres startups, dans lesquelles il détiendra 20% du capital (hypothèse), devront non seulement compenser les pertes mais aussi lui permettre de gagner de l’argent. C’est une question de survie pour lui. Vous devrez donc démontrer que vous avez chiffré correctement votre marché. Par exemple, si vous êtes éditeur de logiciels de supply chain, ne commencez pas à dire que le marché du Logiciels est évalué par Gartner à plusieurs milliards. Ce n’est pas votre marché. La bonne réponse est plutôt « à combien d’entreprise/personnes je peux réellement vendre ma solution ? ». A vos calculettes !

#4 Qui sont vos concurrents et en quoi êtes-vous différent ?

C’est une question à double tranchant. Vous devez parler des concurrents et donc donner un éléments de comparaison, sans pour autant les dénigrer. Expliquez ce qu’ils font de mieux et dites en quoi vous êtes différent. En d’autres termes, soyez objectif et évitez d’être arrogant. Alors évitez de dire que vous n’avez pas de concurrents. Cela n’existe pas. Si vous êtes incapable de l’admettre, il se peut que cela envoie un mauvais signal.

#5 Quels sont les risques que vous avez identifiés pour votre activité ?

Là encore, l’investisseur jauge votre capacité à apprécier votre environnement dans sa globalité. Être conscient de ses forces et faiblesses, c’est faire preuve d’humilité mais aussi d’honnêteté intellectuelle. Ce sont des qualités recherchées par les investisseurs et qui font l’apanage des grands entrepreneurs. Savoir lister vos risques, c’est être prêt à y répondre. Si vous arrivez à démontrer que vous êtes en mesure de réagir dans différentes situations de crise, vous marquerez des points.

#6 Quelle est votre stratégie de Go-to-market ?

Vous avez un super produit mais l’investisseur en face de vous veux savoir comment vous allez le vendre. Logique. Ce genre de question est surtout valable pour une startup qui veux attaquer plusieurs segments de marché à la fois. Généralement, ce n’est pas bon signe. Pourquoi ? Vous risquez d’avoir une stratégie commerciale bancale. Par exemple, si vous vendez un logiciels de gestion et comptabilité à des groupes du CAC 40 et des PME, vous risquez fort d’avoir des problèmes pour manager vos équipes commerciales et conserver un message cohérent. Sans oublier qu’ils n’ont pas les mêmes besoins/attentes. De la même manière, votre focus sera ne sera pas optimal, que ce soit pour affiner votre stratégie de vente ou prendre en compte les nombreux retours de vos prospects/clients. Conséquence, vous aller perdre en vélocité, rapidité d’exécution et dilapider votre cash. Ce que veut votre investisseur, c’est une stratégie simple et que vous lui expliquiez pourquoi vous pensez que c’est la bonne pour réussir.

#7 Pourquoi maintenant ?

La question du timing est importante. Vous avez beau avoir une solution parfaite et qui répond à un réel besoin, elle ne se vendra pas si les conditions de marché ne sont pas réunies. Quand un investisseur vous pose cette question, dites-vous qu’il a sûrement déjà vu des startups similaires à la vôtre échouer auparavant.  Ce qu’il a besoin de savoir c’est pourquoi vous pensez que maintenant c’est différent ?

Prenons l’exemple du Cloud gaming qui prend de l’ampleur depuis 2 ans. Si Apple, Google ou encore Microsoft se lancent sur ce marché maintenant, ce n’est pas un hasard. Ce qui a changé ? La technologie, les réseaux (mais pas que). Avec le déploiement de la fibre optique et de la 5G, l’accès à ce genre de service est désormais possible, sans sacrifier l’expérience du joueur. Il y a encore quelques années, les technologies réseaux mais aussi les PC n’étaient pas encore mûres. Aujourd’hui, ce mode de consommation est perçu comme étant l’avenir du jeux vidéo. Voilà pourquoi le timing est crucial pour un VC.

#8 Quels sont vos KPI et comment vous les mesurez ?

Derrière cette question se cache en réalité plusieurs choses. Tout d’abord, il veut réellement connaître vos KPI. Pour voir la tendance mais aussi pour pouvoir les comparer avec d’autres startups. Ensuite, il veut savoir si vous pilotez correctement votre activité et si possible, avec les bons indicateurs. Chaque secteur possède ses propres KPI et il veut s’assurer que vous les connaissiez. Pourquoi ? Car si vous n’êtes pas data driven, ils penseront que vous n’êtes pas la bonne personne pour faire croître l’activité.

#9 Combien avez-vous levé jusqu’à présent et à quelles conditions ?

Question basique et totalement justifiée. Pas besoin de paniquer. Il suffit de répondre simplement.

#10 Quels milestones visez-vous après cette levée de fonds ?

Avant de vous financer, l’investisseur voudra non seulement connaître l’allocation des fonds que vous envisagez mais surtout, le retour sur investissement espéré. Bien sûr, vous serez tenté de parler de votre roadmap technique, des recrutements que vous comptez faire, des ouvertures de bureaux…Ce sont des sujets importants et bien y réfléchir est parfaitement logique et sain. Toutefois, que vont-ils vous permettre d’accomplir financièrement parlant ? Ces développement vous seront-ils suffisants pour que vous deveniez « Série A compliance » ? Autrement dit, si vous levez 400 K€ pour votre amorçage mais que vous n’envisagez pas de vous rapprocher du million de chiffre d’affaires dans un horizon de 12-18 mois, cela risque de manquer d’ambition pour un VC. Rappelez-vous, les VCs sont tous à la recherche de la future licorne.

Rentrez dans la peau de l’investisseur


Ces questions n’étaient qu’un simple avant-goût de ce qui vous attend. Souvent, c’est à ce moment-là que des levées échouent…mais il existe d’autres facteurs qui peuvent réduire vos chances.

Alors comment s’y préparer et gagner en crédibilité le jour « J » ? Vous devez tout simplement vous mettre à sa place. Prendre un peu de hauteur.

Voici une méthode simple :

  • Recensez les points faibles (réels ou supposés) de votre projet par catégorie : produit, marché, stratégie commerciale, équipe, business model…
  • Élaborez une liste de questions par catégorie
  • Challengez ensuite chaque slide de votre deck avec 2/3 questions, comme si vous étiez l’investisseur
  • Préparez des réponses
  • Entraînez-vous face à vos associé(e)s

Forcément, vous ne penserez pas à tout. C’est normal. Il faudra donc noter toutes les autres questions que l’on vous posera au fur et à mesure de votre roadshow et préparer des réponses. Cela peut paraître un peu chronophage mais c’est la préparation qui fera toute la différence entre vous et la dizaine d’autres startups que rencontrera votre interlocuteur.

Pour aller plus loin et se préparer au mieux, voici une checklist de 50 questions disponible ici.

5 erreurs à ne pas commettre lors de sa levée de fonds en amorçage

Source de tous les fantasmes pour nombre d’entrepreneurs, la levée de fonds est un processus complexe et à la fois déterminant dans la vie d’une startup. Pourtant, on parle peu des échecs et des causes de ces derniers. Alors si vous êtes en phase d’amorçage, évitez ces 5 erreurs pour augmenter vos chances de réussir votre levée de fonds.

Faire une levée sans but précis

Rappel utile : lever des fonds n’est pas une fin en soi. Ce n’est en rien une mesure du succès. D’ailleurs, beaucoup de startups se sont brûlées les ailes post opération en dilapidant leur trésor de guerre. Le seul et unique indicateur de réussite d’une société réside dans sa capacité à créer de la valeur dans la durée donc à être profitable.

Lever de l’argent est donc la résultante d’une bonne exécution et doit répondre à un but bien précis. Si vous êtes une startup en amorçage et que vous allez voir un investisseur en lui disant « J’ai travaillé sur mon MVP les 6 derniers mois. J’ai 3 POC en cours. Je veux lever 800 K€ pour finaliser la V1 de mon produit et structurer mon équipe en vue d’une mise sur le marché avant la fin de l’année », vous êtes crédibles ! À l’inverse, si vous lui dites « J’ai besoin de lever pour aller aussi vite que mon concurrent qui vient de lever des fonds », vous avez de grandes chances de vous faire remercier. Aussi, frapper à la porte des investisseurs devrait se faire lorsque vous avez épuisé toutes les sources de financement obtenues au démarrage (quelques pistes ici).

Lancer une levée de fonds sans préparation…ni traction

Démarrer une levée de fonds n’est pas une tâche à prendre à la légère. Surtout si vous êtes confronté à ce process pour la première fois. Aller voir des investisseurs, qu’ils soient business angels ou VC, nécessitera de démontrer une connaissance parfaite de votre métier, du problème que vous adressez et de votre écosystème. Pourquoi avez-vous lancé ce projet ? Quelle est la taille de votre marché adressable ? Qui sont vos clients ? Quelle est votre stratégie de Go to market ? Quels sont vos canaux d’acquisitions ? Votre stratégie de pricing ? Etc… Si vous n’êtes pas en mesure de répondre à ces interrogations basiques et que votre storytelling n’est pas claire, alors vous essuierez une avalanche de refus.

Au-delà du manque de préparation, le manque de traction constitue un autre motif d’échec. À moins d’avoir une équipe de serial entrepreneurs à succès, il y a peu de chances que vous soyez financé sans un minimum de traction. Par traction l’investisseur entend, par exemple, un nombre d’utilisateurs actifs en croissance ou encore la signature régulière de POC avec des clients. Autrement dit, il veut des signes tangibles que votre produit répond à un besoin et que cela constitue une opportunité fantastique.

Se lancer sans stratégie claire

La levée de fonds est un processus long et chronophage (4 à 6 mois) dont il convient de connaître les rouages. Surtout pour un amorçage. Il est essentiel d’avoir une vision claire des différentes étapes et une stratégie d’approche bien huilée.

Concrètement, cela signifie tenir un fichier des investisseurs que vous allez solliciter. Définir qui vous irez voir en priorité et qui voir dans un second temps. Faudra-t-il se tourner vers des business angels ou plutôt des VC ? Quel est le montant dont j’ai besoin pour être confortable dans l’exécution de mon plan ? Etc…Tous ces paramètres auront une influence sur le déroulé de l’opération et donc sur votre agenda. Prendre les bonnes décisions dès le départ est crucial. Vous éviterez de vous disperser et maximiserez vos chances de boucler votre tour.

Mal cibler vos investisseurs

Si 1 euro est 1 euro, tous les investisseurs sont différents. Gardez ça l’esprit. Ils ont chacun leurs secteurs de prédilection. Leurs thèses d’investissement. Ils déploient des tickets de tailles différentes, sur des segments variés (seed, Serie A, B, C). Il en va de même pour les attentes de retour sur investissement et la durée d’accompagnement. Ce sont des subtilités à connaître pour cibler au mieux vos futurs partenaires. Pour cela, pas de secret. Vous devez faire vos recherches. Inutile d’arroser la terre entière. Regardez les investissements qu’ils ont déjà réalisés. Vous gagnerez du temps, aurez plus de chances de développer du fit et vous vous épargnerez des refus, qui auront un impact sur votre moral.

Pour avoir une idée des investisseurs que vous pouvez cibler, téléchargez cette liste de +200 investisseurs.

Ne pas avoir conscience qu’il s’agit d’un marathon

Réussir un marathon requiert plusieurs ingrédients : un entraînement spécifique et régulier, une hygiène de vie irréprochable et un mental d’acier. L’objectif est simple : arriver au bout. À défaut de pouvoir terminer la course, il faut savoir dire stop quand le corps ne réagit plus correctement. De ce point de vue, la levée de fonds n’est pas très différente. Pire encore, le temps joue contre vous. Car plus le process est long, plus vos réserves de cash fonderont comme neige au soleil. Il est donc primordial de ne pas lancer sa levée au dernier moment. Cela vous mettra dans une situation de stress, que ressentira votre interlocuteur. Mettez-vous à sa place. Comment pourrait-il avoir confiance en votre capacité à gérer votre startup si vous n’avez pas le sens de l’anticipation ? Pour être confortable, l’idéal serait d’avoir encore 7 à 9 mois de trésorerie devant vous au moment de lancer votre process.

Comme lors d’un marathon, il y aura des hauts et des bas. Il faut en avoir conscience et apprendre à gérer ces moments pour les surmonter. La réalité derrière la levée de fonds n’est pas toute rose. D’ailleurs, si à l’issue de vos rencontres vous n’obtenez pas de retours positifs ou des conditions satisfaisantes, cela veut peut-être dire que ce n’est pas le bon moment. Si vous avez la possibilité de vous financer autrement, alors mettez fin à l’hémorragie et repartez de l’avant pour démontrer que votre projet en vaut la peine. Revenez ensuite à la charge avec des éléments concrets.

Répétez et démontrez

Réussir sa levée n’est pas un long fleuve tranquille. Encore moins la première. Pour maximiser vos chances de convaincre des investisseurs, retenez deux choses : la préparation et la mise en évidence d’une traction. La préparation car vous devrez inspirer confiance à votre interlocuteur. Donc rédigez minutieusement votre deck, rôdez votre pitch et calibrez  votre business plan. Maîtrisez vos chiffres et votre écosystème. Enfin, présentez une traction crédible. Les investisseurs sont de plus en plus réticents à l’idée de financer une simple idée. Pour se faire une conviction, ils auront besoin d’un peu plus qu’une équipe avec un concept « sexy ». Vos KPI, POC ou témoignages clients doivent leur donner le sentiment que votre projet peut fonctionner et que vous êtes au bon endroit, au bon moment. Malgré tous ces efforts, il se peut que vous ne soyez pas récompensé du premier coup. Cela peut arriver. Pour autant, si votre projet tient la route, vous trouverez tôt ou tard un investisseur pour vous financer, comme en témoigne l’antiportfolio du fonds ISAI.

3 tips pour pitcher efficacement votre startup

Exercice incontournable de votre levée de fonds : le pitch. Redouté par certains, il est pourtant crucial de le préparer tant il peut être décisif pour la suite de votre aventure entrepreneuriale. Pour ne pas griller vos cartouches et maximiser vos chances de convaincre, voici 3 ingrédients à mettre en œuvre.

Préparez un discours simple MAIS efficace

Le seul et unique objectif du pitch est de raconter une histoire crédible et suffisamment attractive pour convaincre un investisseur de financer votre startup. N’oubliez pas, vous n’êtes pas seul sur la ligne de départ. Un investisseur reçoit entre 1 000 et 1 500 dossiers chaque année. Beaucoup sont probablement similaires au vôtre.

Être crédible suppose de présenter des éléments tangibles (un produit, des KPI, des témoignages utilisateurs…) et des arguments pour enrichir votre pitch (pourquoi vous êtes la bonne équipe sur laquelle il faut miser, par exemple). Le tout dans un discours le plus simple possible. Pourquoi ? Parce ce que votre interlocuteur va devoir lui-même convaincre son comité (la plupart des VC fonctionnent en mode collégial pour la prise de décision). Mais avant de présenter votre startup lors de son comité hebdomadaire, il verra sans doute plusieurs dossiers entre-temps. Avec le risque de vous noyer dans la masse. Par conséquent, il faut non seulement qu’il se souvienne de vous, donc qu’il ait compris votre message, mais aussi qu’il ait acquis une conviction suffisamment forte pour pouvoir la transmettre à ses collègues.

Pour cela, pas de secret. Il faut répéter, répéter et encore répéter votre discours jusqu’à ce qu’il soit le plus fluide et naturel possible. Testez-le auprès de vos proches. De vos connaissances. Assurez-vous d’être compris et qu’ils soient capables de pitcher à leur tour votre startup. Un discours simple découle d’une proposition de valeur simple et claire. Tant que vous ne l’avez pas, ne perdez pas votre temps à contacter des investisseurs. Le discours est une chose mais ne négligez pas non plus votre pitch deck. Bien rédigé, c’est un atout formidable car il retranscrira vos propos et pourra être diffusé à tous les Partners du fonds.

Apprenez à créer du lien

La rencontre entre un entrepreneur et un fonds d’investissement en capital-risque s’apparente à un jeu de séduction. Sauf que par nature, le rapport de forces est en votre défaveur (offre de dossiers > à la demande). Tout du moins au début.

Au-delà de la qualité de votre projet. Vous devrez développer du lien avec votre interlocuteur. C’est primordial pour vous démarquer. Imaginez-vous une seconde vous marier avec une personne sur le simple critère physique. Ce serait du suicide. Alors comment fait-on pour développer du fit ?

Tout d’abord, commencez par bien cibler vos investisseurs. Autrement dit, n’allez pas solliciter un fonds qui se concentre sur du « Growth » alors que vous recherchez un ticket en amorçage. C’est non seulement absurde mais c’est aussi le meilleur moyen de se décrédibiliser avant même une rencontre (qui n’arrivera sans doute jamais). Il y a bien sûr des fonds qui investissent aux différents stades. Dans ce cas, envoyez votre dossier à la bonne personne. Il suffit d’éplucher le site ou d’utiliser Linkedin.

Autre manière de créer du lien : se renseigner sur la personne que vous allez rencontrer. Là encore, fouillez sur Internet ou Linkedin. Regardez les investissements qu’il a déjà réalisés. Lisez des interviews qu’il a pu faire. Contactez des dirigeants auprès desquels il a investi. Faites votre enquête. C’est un peu comme lorsque vous passez un entretien. Pour être crédible, il ne faut pas venir les mains dans les poches.

Le capital-risque, c’est avant tout une histoire d’Homme. En effet, les garanties que vous pouvez apporter au démarrage sont relativement faibles. L’investisseur va avant tout miser sur vous et votre équipe. Ce n’est donc pas que du rationnel. Pour créer de l’empathie et de la confiance, il faudra que vous soyez capable de le transporter. Lui montrer que vous êtes l’homme de la situation. Que vous avez le bon projet, au bon moment.

N’en faites pas trop

Créer du lien est essentiel. Pour autant, évitez d’en faire trop. Vous pourrez passer pour une personne arrogante et/ou calculatrice. C’est contre-productif et cela ne vous mènera à rien si ce n’est à l’échec.

Évitez de trop mettre en avant le fait que vous sortez de la même école ou encore que vous avez joué pour le même club de foot. Cela peut au mieux briser la glace mais ça reste très superficiel. Gardez à l’esprit qu’il va investir sur vous. Sur votre vision et votre capacité à l’exécuter. L’investisseur est aussi là pour faire un retour sur investissement. Que vous ayez fait le même programme en école de commerce ou d’ingénieur avec quelques années d’intervalle ne suffira pas à le convaincre de vous financer.

Il est très tentant dans son discours d’enjoliver la réalité pour rendre votre storytelling plus attractif. Ou bien d’omettre des informations importantes qui ne joueraient pas en votre faveur. Ce genre de manipulations est à proscrire. Absolument. Vous devez construire votre future relation sur des bases saines et solides, non sur des mensonges. Par ailleurs, l’investisseur n’est pas naïf. Tôt ou tard, lors des due diligences, la vérité éclatera au grand jour. Ce sera deal breaker et vous aurez perdu votre temps, ainsi que votre réputation.

Enfin, gardez toujours un discours cohérent entre les différents rendez-vous. Ajuster son storytelling pour être plus percutant est une chose. Tenir des propos diamétralement opposés (ex : sur la stratégie) pour jouer sur les sensibilités des investisseurs rencontrés en est une autre. Il y a de grandes chances pour que votre premier tour de table se fasse avec un pool d’investisseurs. Ils seront donc, à un moment donné, amenés à discuter de votre dossier et échanger sur leurs convictions respectives.

Un seul mot d’ordre, la préparation

Vous l’aurez compris, le pitch ne s’improvise pas. La première rencontre avec un investisseur est un moment critique de votre levée de fonds. Compte tenu de la faible probabilité de convaincre (moins de 1% de chance), vous devez mettre toutes les chances de votre côté. Venez avec un discours simple et clair, créez du lien et restez naturel. Mettre en œuvre ces trois ingrédients est à la portée à tous, il suffit de se préparer.

Comment financer sa startup au démarrage ?

Vous avez une idée géniale et réuni une dream team autour d’une ambition commune ? Parfait. Même si vous n’avez pas le compte en banque d’Elon Musk au moment de lancer votre projet, vous aurez l’embarras du choix pour mettre votre startup en marche. Love money, subvention, prêt d’honneur sont autant de possibilité, à condition bien sûr, d’avoir un projet qui tient la route. Tour d’horizon rapide de vos possibilités sur les premiers mois d’activité avant de vous donner 2 conseils sur le sujet.

Un cocktail de possibilités

Comment financer mes premiers mois de développement ? Voilà une question que de nombreux créateurs de startups se posent. Bonne nouvelle, vous ne devriez pas manquer d’argent pour financer votre activité. Voici 5 possibilités concrètes à explorer dès le démarrage :

#1 L’épargne privée

Cela peut sembler évident mais beaucoup de startups se créent grâce au patrimoine personnel de leurs dirigeants. C’est même la toute première source de financement early stage. Bien sûr, à moins d’avoir revendu votre précédente startup à Google contre un chèque de 100 millions d’euros, vous devrez rapidement trouver d’autres sources pour gonfler votre trésorerie.

2# Love money

Autre possibilité, vos proches ! Votre famille, vos amis ou des connaissances (de confiance) peuvent aussi contribuer à financer votre entreprise au démarrage. Aucun intérêts à verser, des modalités de remboursement flexibles, c’est une solution avantageuse à bien des égards. Toutefois, il sera important d’établir dès le début des règles de fonctionnement, notamment sur la prise de décision, afin d’éviter les conflits.

3# Le prêt d’honneur

Outil très intéressant, le prêt d’honneur est un prêt sans intérêts et sans garantie, octroyé à la personne physique et non à l’entreprise. Autrement dit, vous pouvez cumuler autant de prêts que de fondateurs ! D’un montant compris entre 2 000€ et 50 000 €, il est délivré par les organismes Initiative et finance et le Réseau Entreprendre. Le délai d’obtention varie quant à lui entre 3 et 6 mois. Mais avant cela, il faudra montrer patte blanche avec un business plan et présenter des éléments tangibles sur le potentiel de marché de votre activité. Bref, il faudra être prêt.

#4 L’emprunt bancaire

C’est le complément idéal au prêt d’honneur. En effet, pour 1 euro de prêt d’honneur accordé, les banques octroient en moyenne 7,3 € à 13 € de financement complémentaire. S’il est plus difficile à obtenir compte tenu du stade de maturité de votre activité (et des risques associés !), il a l’avantage d’être non dilutif et permettra de combler les trous de votre budget.

5# La BPI

Véritable bras armé de l’état en matière d’investissement dans l’innovation, la BPI est devenue incontournable ces dernières années. Pour financer les startups en phase de lancement et d’amorçage, la BPI a mis en place un arsenal impressionnant de solutions (subvention, prêts…). La plus notable et pertinente selon moi pour une startup qui vit ses premières heures : la Bourse French Tech. Cette subvention peut atteindre jusqu’à 30 000 € (voire 45 000 € pour les projets de « rupture technologique »). Elle couvrira les premières dépenses de la phase de création de l’entreprise et de la phase de faisabilité. Comptez environ 3 mois pour l’obtenir. Point important : un business plan sera nécessaire pour déterminer le montant auquel vous avez droit. Pour aller plus loin sur les différents dispositifs de la BPI, cliquez ici.

La bonne nouvelle, c’est que l’on peut cumuler toutes ces possibilités.

Alors concrètement qu’est-ce que cela peut donner ? Prenons l’exemple d’une startup nouvellement créée avec 2 fondateurs à sa tête.

Chacun apporte 15 000 € soit 30 000 € de fonds propres à la création. Après quelques semaines à faire le tour de leurs proches, ils réunissent 20 000 € de love money qu’ils injectent au capital. Même chose avec deux prêts d’honneur pour un montant total de 30 000 € (15 000 € par tête).

Bien décidé à faire jouer l’effet de levier après l’obtention de ces prêts, ils contractent un crédit bancaire de 12 000 € avec un levier raisonnable (soit 15% des fonds propres). Enfin, pour compléter leur budget, ils postulent à la Bourse French Tech. Après calcul, les dépenses prévisionnelles sont évaluées à 60 000 € sur les 6 prochains mois. À supposer que l’ensemble de leurs dépenses soient éligibles, ils obtiennent le plafond de 30 000 €.

Voilà comment avec un apport personnel limité (ici 15 000 € par fondateur), on peut réunir plus de 100 000 € de financement pour tester la viabilité d’un projet (détails ci-dessous).

Exemple des sources de financement d’une startup au démarrage.

A l’issue de cette période, la startup pourra bien évidemment faire appel aux business angels, aux plateformes de crowdfunding ou encore aux fonds d’amorçage pour la réalisation de son seed.

Une fois que l’on a dit tout ça, voilà 2 conseils.

#1 Diversifiez vos sources de financement dès le début

Cela peut paraître évident mais comme dit le proverbe « il ne faut pas mettre ses œufs dans le même panier ». Pourquoi ? Tout simplement car c’est un principe de bonne gestion financière. Ne soyez pas dépendant d’une seule source. Trouver des nouveaux financement peut parfois prendre du temps et de l’énergie, il faut donc anticiper. Mettre en place les bonnes actions dès le départ vous permettra d’éviter les trous de trésorerie.

Beaucoup d’entrepreneurs n’osent pas cumuler. Par méconnaissance, par phobie administrative ou par honte (« c’est de l’argent public, je n’en veux pas ! »). Nous avons la chance, en France, d’avoir un millefeuille de solutions, profitez-en pour booster votre projet et vous donner les meilleures chances de réussir.

2# Faites-en bon usage !

Vous avez sécurisé vos premiers fonds avec les différentes options évoquées. Parfait. Maintenant, il faut utiliser cet argent à bon escient car il est précieux et déterminera votre capacité à créer de la valeur. Chaque euro doit être dépensé avec précaution. Ne commencez pas à faire des investissements marketing inutiles alors que votre proposition de valeur et votre modèle économique sont encore flous. Concentrez-vous plutôt sur votre produit et la compréhension de votre écosystème.

Pour dépenser intelligemment, il vous faut prioriser et planifier vos investissements. Autrement dit, il faut faire des projections de votre trésorerie en fonction des objectifs déterminés. Adoptez une culture cash dès le début. Gardez à l’esprit que tôt ou tard vous devrez rendre des comptes au moment de solliciter vos premiers « vrais » investisseurs. Une startup qui aura dépensé sans compter avec peu de résultats à la clé aura peu de chance de convaincre des investisseurs.

Conclusion : Cash is king

La question du financement d’une startup est un sujet fondamental et la gestion de la trésorerie, une question de survie. Si vous n’aurez, a priori, pas de mal à réunir vos premiers fonds au démarrage, vous devrez être malin dans l’allocation de vos ressources.  Cela doit vous permettre de durer mais aussi de présenter des résultats concrets à vos futurs investisseurs. En d’autre terme, il faut s’acheter une crédibilité avec peu de moyens.

Levée de fonds en Seed/Amorçage : 5 bonnes raisons d’être accompagné par un conseil

Depuis le lancement de votre startup, vous avez géré personnellement la question du financement en ayant recours à différents instruments (BPI, subventions régionales, love money, dette bancaire, prêt d’honneur…). Bien décidé à solliciter des investisseurs (Business Angels, VC) pour votre amorçage, vous hésitez, pour des raisons multiples, à faire appel à conseil. Alors que partisans et opposants s’affrontent sur le sujet, est-il nécessaire d’être accompagné pour lever en Seed ? Voici 5 bonnes raisons basées sur mon expérience personnelle.

#1 Il prépare une documentation solide pour vous démarquer dans la masse

Un investisseur, qu’il soit Business Angels ou VC, reçoit chaque année entre 1 000 et 1 500 dossiers par an. C’est un fait. Par conséquent, le temps d’instruction est relativement limité et vous risquez de facto d’être noyé dans son dealflow si votre approche ne répond pas aux codes actuels. Or, la raison d’un « no go » est bien souvent liée à une documentation inadaptée qui ne laisse pas transparaître le potentiel d’un projet. C’est là que votre conseil intervient. L’investisseur achète l’histoire que vous leur racontez, et comme tout produit, il y a un vrai processus marketing à avoir. Cela s’appelle le storytelling, autrement dit, l’art d’utiliser une histoire pour décrire votre projet plutôt qu’une succession d’arguments. Cette technique doit normalement permettre de capter l’attention et de susciter l’émotion auprès de l’investisseur.

Pour ce faire, votre conseil va rédiger pour vous un pitch deck concis, clair et visuel. Exit donc les documents de 60 pages d’une autre époque. De même, votre conseil va retranscrire votre stratégie dans un business plan cohérent, compréhensible et réaliste. En résumé, il va s’occuper de votre carte de visite pour que vous décrochiez un rendez-vous.

#2 Il connaît les points d’attention des investisseurs

Comme disait Napoléon, la mission c’est « 90% de préparation, 10% d’action ».

Beaucoup d’entrepreneurs ont un pitch super mais tout s’effondre lors de la session de questions / réponses. Selon moi, ce travail préparatoire est aussi voire plus important que celui du pitch. Pourquoi ? Car c’est à ce moment précis que l’investisseur va poser les questions qui fâchent et pointer du doigt les incohérences dans votre discours.

Pour transformer cette session en succès, il est nécessaire de connaître les points d’attention des investisseurs ainsi que leur « sensibilité ». En effet,  les investisseurs ont une grille de lecture précise mais qui reprend généralement les mêmes thèmes : équipe, produit, marché, KPI, stratégie de go to market… Parce qu’il connaît parfaitement ces sujets sensibles, le conseil vous aidera à adopter le bon discours et présenter les bons arguments.

Pour vous préparer, il vous fera pitcher à blanc et se mettra dans la peau d’un investisseur (impitoyable). L’exercice sera probablement déroutant au début mais c’est avec ce travail d’anticipation, rendu possible par son expérience, qu’il maximisera vos chances de convaincre vos premiers partenaires.

#3 Il va vous challenger dans votre approche

Les entrepreneurs sont passionnés et animés par une volonté ferme de mener à bien leur projet. Après tout, pourquoi se lancer pour ne pas aller au bout des choses ? Aussi, au moment de la création, le dirigeant de startup se retrouve souvent à porter plusieurs casquettes (commercial, RH, comptable, juriste, responsable IT…), bien souvent par manque de moyens mais aussi par volonté de contrôler pour se rassurer. Résultat : il a la tête dans le guidon et jongle entre l’idéation, la conception et l’exécution.

Difficile dans ces conditions d’avoir les idées claires en permanence. Dans ce contexte, le conseil est là pour vous apporter un œil extérieur critique sur votre activité, vos choix et peut-être même vous faire mûrir dans votre réflexion. Enfin, parce qu’il a sans doute vu plusieurs dizaines voire centaines de dossiers comme le vôtre, il a acquis un benchmark précieux dont il pourra vous faire bénéficier pour vous rendre Business angels/VC compatible. C’est donc bien plus qu’un conseil pour la levée de fonds, c’est un partenaire business avec qui vous développerez un lien de confiance.

#4 Tout le monde n’est pas familier avec les problématiques financières

Combien vaut ma startup ? Comment céder du capital tout en restant aux manettes ? Qu’est-ce qu’un pacte d’actionnaires ? De quoi se compose-t-il ? Qu’est-ce qu’un BSA ? Une obligation convertible ? Etc… En tant que dirigeant de startup, ces questions vous ont peut-être déjà traversé l’esprit.

Selon votre profil et parcours, vous serez plus ou moins à l’aise avec les chiffres et peut-être même déjà initié à la levée de fonds. En revanche, si vous en êtes à votre première création de startup, vous pouvez vite vous sentir complètement largué sur des questions techniques liées au financement. Vous pourrez bien sûr solliciter votre réseau personnel, votre incubateur ou encore faire des recherches sur internet pour répondre à vos interrogations.

Alors pourquoi faire appel à un conseil ? La raison est simple, c’est un professionnel de la finance, qui, comme vous, connaît parfaitement son métier. En tant qu’expert, il a accumulé de l’expérience et des compétences sur lesquelles vous allez pouvoir vous appuyer. Ainsi, vous restez concentré sur le développement de votre activité. Il fait office de tiers de confiance sur votre levée de fonds pour répondre à vos questions et vous assurer les meilleures conditions possibles au regard de votre situation.

#5 La levée de fonds n’est pas un long fleuve tranquille

Un des points souvent négligé par les startups, c’est le côté chronophage de la levée de fonds. En effet, sa durée peut varier entre 4 et 8 mois selon les cas. Mais avant d’arriver au closing de votre levée et voir les fonds versés sur votre compte en banque, vous allez devoir passer par plusieurs étapes :

  • Préparation vos documents (pitch, business plan, info pack…)
  • Définition de votre storytelling
  • Identification et prise de contact avec Business Angels, VC
  • Roadshow de votre projet
  • Q&A avec les investisseurs
  • Réception / analyse des Term sheet
  • Phase de due diligence
  • Rédaction du pacte d’actionnaires
  • Closing

Au moment de lever des fonds, vous allez donc mettre votre activité de côté et consommer énormément d’énergie à cet exercice. D’où l’intérêt de pouvoir déléguer des tâches critiques à votre un conseil (pitch, business plan, coaching, pré-analyse des LOI…). S’il ne pitchera pas le projet à votre place, il sera en revanche là pour vous aiguiller, vous aider à anticiper et vous rassurer dans ce processus complexe.

Conclusion : la réponse vous appartient

Alors faut-il se faire accompagner par un conseil pour son amorçage ? En réalité, il n’y a pas de vérité absolue. Ce n’est ni blanc, ni noir. Cela dépend avant tout de vous, de votre vécu, de votre personnalité, de votre temps et enfin de votre aisance dans cet exercice. Certes, vous pouvez faire les choses par vous-même. Toutefois, s’attacher les services d’un conseil pour votre seed peut vous faire gagner un temps précieux et vous éviter certaines erreurs de parcours.